Cartes de vulnérabilité

Cartes de vulnérabilité des ressources en eau

La gestion durable des ressources en eau constitue aujourd’hui un enjeu environnemental et socio-économique majeur, particulièrement dans les territoires soumis à un stress hydrique accentué comme le bassin de Souss Massa. Dans ce contexte, une étude approfondie de la vulnérabilité des ressources en eau à la pollution a été réalisée afin de mieux identifier les secteurs sensibles et de définir, sur des bases scientifiques, les objectifs de qualité à atteindre à l’horizon 2050.

Méthode d’évaluation : DRASTIC

La vulnérabilité des eaux souterraines est évaluée à l’aide de la méthode DRASTIC, inspirée des travaux d’Aller et al. (1987). Cette méthode repose sur une évaluation systématique des facteurs qui influencent la sensibilité des aquifères à la contamination. Elle prend notamment en considération la profondeur de la nappe, la nature et la perméabilité des formations géologiques, ainsi que les sources potentielles de pollution.

L’analyse tient également compte des dynamiques locales, notamment les pratiques agricoles, l’urbanisation et la gestion des déchets, susceptibles d’avoir une incidence directe sur la qualité des eaux souterraines.

Nappe du Souss

La carte de vulnérabilité à la pollution de la nappe du Souss met en évidence une hétérogénéité dans la sensibilité des différentes zones aux risques de contamination. Cette vulnérabilité est influencée par des facteurs géologiques, hydrologiques et anthropiques, notamment la perméabilité des sols, la profondeur de la nappe et les activités humaines.


Carte de la vulnérabilité à la pollution de la nappe du Souss
Faible vulnérabilité 399,4 km² — 10,1 %
 
Vulnérabilité moyenne 1 643,7 km² — 41,6 %
 
Forte vulnérabilité 1 631,4 km² — 41,3 %
 
Très forte vulnérabilité 278,7 km² — 7 %
 

Faible vulnérabilité

Les zones à faible vulnérabilité se situent principalement dans certaines parties du sud et du sud-ouest, notamment autour de Biougra, Aït Baha et au sud de Sebt Guerdane. La présence de formations géologiques moins perméables, notamment les argiles et les marnes, contribue à ralentir l’infiltration des polluants.

Vulnérabilité moyenne

Elle concerne une grande partie du bassin, notamment le nord-est ainsi que les secteurs de Taroudant, Aït Iaaza et Sebt Guerdane. Ces zones présentent une perméabilité modérée et une activité agricole importante avec utilisation d’engrais et de pesticides.

Forte vulnérabilité

Ces secteurs se situent principalement le long de l’oued Souss, notamment vers Ouled Teïma, Taroudant et dans une partie de la plaine du Souss. La perméabilité élevée des formations et l’intensité des activités agricoles augmentent les risques de pollution par infiltration.

Très forte vulnérabilité

Les secteurs les plus vulnérables sont principalement localisés à Aoulouz et Amskroud. Les formations très perméables, notamment sableuses et gréseuses, facilitent une infiltration rapide des polluants.

Nappe de Chtouka

La carte de vulnérabilité de la nappe de Chtouka met en évidence des disparités dans la sensibilité des différentes zones face aux risques de contamination. La vulnérabilité est notamment liée à la perméabilité des formations géologiques, à la profondeur de la nappe et aux activités humaines, particulièrement agricoles.


Carte de la vulnérabilité à la pollution de la nappe de Chtouka
Faible vulnérabilité 443 km² — 30,3 %
 
Vulnérabilité moyenne 398,4 km² — 27,2 %
 
Forte vulnérabilité 500 km² — 34,1 %
 
Très forte vulnérabilité 111 km² — 7,6 %
 
Principales zones de vulnérabilité

Les secteurs à faible vulnérabilité sont principalement localisés au sud-est, autour d’Aït Baha et à proximité des oueds Amalak et Oumalih. La vulnérabilité moyenne concerne notamment Biougra, Aït Amira et le nord de Belfaa.

Les zones à forte vulnérabilité concernent principalement Sidi Bibi, Belfaa et certaines parties du centre du bassin. Les secteurs à très forte vulnérabilité sont concentrés le long de la côte atlantique, notamment autour de Massa, Sidi Bibi et au nord d’Aït Melloul.

Ces zones côtières sont également concernées par le phénomène d’intrusion marine. L’exploitation intensive de la nappe peut provoquer une baisse du niveau piézométrique et favoriser la progression des eaux salines dans les eaux souterraines.

Nappe de Tiznit

La carte de vulnérabilité à la pollution de la nappe de Tiznit met en évidence des différences importantes dans la sensibilité de cette ressource aux contaminations potentielles. Ces variations sont notamment liées à la géologie, à la perméabilité des sols, à la profondeur de la nappe et aux activités humaines.


Carte de la vulnérabilité à la pollution de la nappe de Tiznit
Faible vulnérabilité 56,4 km² — 4,6 %
 
Vulnérabilité moyenne 701,6 km² — 56,7 %
 
Forte vulnérabilité 460 km² — 37,2 %
 
Très forte vulnérabilité 19 km² — 1,5 %
 
Répartition spatiale de la vulnérabilité

Les zones à faible vulnérabilité sont peu étendues et se trouvent essentiellement au nord-est et à l’est, ainsi que dans quelques secteurs proches du littoral. Les zones de vulnérabilité moyenne couvrent une grande partie de l’aire d’extension de la nappe, notamment autour de la ville de Tiznit, vers le sud et le centre.

Les zones à forte vulnérabilité se concentrent principalement autour des oueds, notamment l’oued Zgounder, l’oued Lajlame et l’oued Zarnatourist. La porosité plus importante des formations et la proximité des écoulements de surface augmentent la sensibilité de la nappe aux polluants.

Les zones à très forte vulnérabilité sont principalement localisées près du littoral, notamment à Aglou, ainsi que dans certaines parties du sud à proximité de Reggada. Les formations très perméables, l’urbanisation et les activités agricoles intensives contribuent à accroître le risque de contamination.